Notre coup de cœur : Dune de Frank Herbert
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Initialement publié dans Brins d'éternité no 61.
Cette recommandation est tirée de la rubrique Coups de cœur de Brins d'éternité, la revue consacrée aux littératures de l'imaginaire francophone. Nous republions ici ces critiques afin de faire découvrir les œuvres qui continuent de nourrir notre imaginaire.
Coup de cœur
Plusieurs d’entre vous connaissent sûrement cette œuvre, soit après l’avoir lue, soit à la suite du visionnement de l’une ou l’autre de ses représentations cinématographiques, dont celle du cinéaste québécois Denis Villeneuve. Se déroulant dans un futur fort lointain, le roman suit la famille Atréides, qui reçoit la planète Arrakis en fief. Cette dernière présente la seule source de l’épice gériatrique de tout l’Univers. Toute famille contrôlant ce mélange possède un pouvoir énorme et génère la convoitise des autres.
Sur cette planète aride où évolue une peuplade sauvage, les Fremens, Paul devra décider s’il prend le rôle de sauveur de ces derniers pour accomplir sa vengeance, ou s’il fuit ce destin, annoncé sous forme de prophétie, qu’il voit poindre à l’horizon de sa prescience.
Si vous appréciez les histoires complexes, vous serez servi.es avec Dune. La manière bien particulière de l’auteur de nous faire passer d’un point de vue à l’autre offre une vitrine très efficace pour comprendre les motivations cachées des protagonistes. Le jeu des mots, des intonations et des non-dits sert l’intrigue et crée la réaction attendue. En tant que lecteurice omniscient.e, nous voyons comment les personnages parviennent à cacher leurs intentions et souhaitons les voir se sortir de positions délicates.
Autre aspect très captivant du roman : l’adaptation des humains à un environnement contraignant et extrême. L’auteur crée une société survivant, par tous les moyens disponibles, dans le cœur du désert, sur une planète aride, sans eau de surface à l’exception des glaces polaires. Il est intéressant d’être témoin de l’ingéniosité du peuple Fremen pour la récolte des fluides corporels, de l’humidité dans l’air, de l’eau du corps des morts, etc. Également, par l’entremise de l’écologiste planétaire Kynes, Frank Herbert nous présente plusieurs facettes des relations intervenant entre les systèmes planétaires (eau, vie, énergie, etc.), ajoutant beaucoup de réalisme à l’histoire.
S’inscrivant dans le sous-genre qu’est le space opera, Dune offre une excellente vitrine pour ce style grandiose. D’ailleurs, Frank Herbert, reconnu pour ses livres d’envergure dans lesquels il explore régulièrement l’exploitation des capacités humaines dans des environnements extrêmes, s’est vu mériter le prix Hugo en 1966 ainsi que le tout premier prix Nebula en 1965 pour Dune, deux des récompenses les plus illustres dans le monde de la science-fiction et de la fantaisie.
À propos du chroniqueur
Pierre-Denis Noël est membre du comité de lecture de Brins d'éternité.
Lire le numéro 61 de Brins d'éternité
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