Notre coup de cœur : Les Jardins de la Lune de Steven Erikson

Notre coup de cœur : Les Jardins de la Lune de Steven Erikson

Initialement publié dans Brins d'éternité no 62.

Cette recommandation est tirée de la rubrique Coups de cœur de Brins d'éternité, la revue consacrée aux littératures de l'imaginaire francophone. Nous republions ici ces critiques afin de faire découvrir les œuvres qui continuent de nourrir notre imaginaire.

Coup de cœur

La première fois que j’ai lu ce livre, je me souviens d’avoir parcouru la préface de l’auteur dans laquelle il mentionne ne pas nous prendre par la main! Je ne comprenais pas exactement à quoi il faisait référence, mais dès le premier chapitre j’ai compris qu’initialement, je n’allais rien y comprendre, mais que tout finirait par faire du sens. En effet, cette œuvre colossale dans laquelle s’affrontent de multiples clans fait place à beaucoup de personnages, et même les Dieux influencent la partie qui se joue pour le destin de la ville de Darujhistan.

Nous suivons donc : l’Empire Malazéen, représentant la principale force armée, tentant de prendre le contrôle du continent de Genabackis; les Brûleurs de Pont, escouade d’élite provenant du précédent empereur et dont l’impératrice doute de la fidélité; un groupuscule d’assassins s’efforçant de résister à l’envahisseur; le Seigneur de la Lune, entité flottant sombrement au-dessus de la ville et dont les desseins restent flous; les Dieux cherchant à contrecarrer les plans des uns des autres.

Ce qui m’a le plus fasciné dans ce roman tient à la complexité de l’histoire et la capacité de l’auteur à tisser la toile complète de manière subtile. Les chapitres sont découpés en courtes sections qui chacune offre le point de vue d’un personnage différent. Cela donne au roman une cadence provoquant un sentiment de tension. Ces changements de perspectives permettent à l’auteur d’avancer toute la trame au même rythme, et aux lecteurices de suivre les impacts de chaque action.

Également, comme toute œuvre de fantastique de cette envergure, la profondeur du monde dans lequel nous plonge Steven Erikson est incroyable! Des rivalités de plusieurs millénaires sont toujours en cours au moment de l’histoire. Des êtres immortels, desséchés par le temps, agissent avec lenteur, mais puissance. Le concept de la magie utilisant des garennes est très ingénieux. Il s’agit d’une forme de matrice grâce à laquelle chaque être magique tire son énergie et peut se déplacer sur de longues distances. Tout comme les couloirs d’un terrier, la profondeur des garennes joue sur l’ancienneté et le type d’énergie (brut au début des temps et plus subtil de nos jours). Différentes races possèdent leurs particularités curieuses, comme les Moranthes dont la couleur de la peau définit l’affiliation. On assiste aussi à des combats réalistes, allant du maniement d’armes au déferlement de puissantes magies !

Je propose donc ce roman pour tout.e lecteurice amoureux.se du fantastique, et pour qui la complexité est attrayante. La bonne nouvelle dans tout cela : il s’agit du premier tome d’une série de 10! Encore beaucoup d’excellentes lectures en perspective…

À propos du chroniqueur.

Pierre-Denis Noël est membre du comité de lecture de la revue.

Lire le numéro 62 de Brins d'éternité

Vous aimez les littératures de l'imaginaire? Découvrez le dernier numéro de Brins d'éternité.

Back to blog