Notre coup de cœur : Le talisman de Stephen King et Peter Straub

Notre coup de cœur : Le talisman de Stephen King et Peter Straub

Initialement publié dans Brins d'éternité no 62.

Cette recommandation est tirée de la rubrique Coups de cœur de Brins d'éternité, la revue consacrée aux littératures de l'imaginaire francophone. Nous republions ici ces critiques afin de faire découvrir les œuvres qui continuent de nourrir notre imaginaire.

Coup de cœur

La première fois que j’ai lu ce livre, je devais être à peine plus vieille que le personnage principal, Jack Sawyer, douze ans. Cette expérience de voyages entre des mondes parallèles a mis la barre très haut pour les autres romans. Et au fil de mes relectures successives, j’ai toujours éprouvé autant de plaisir à me retrouver dans les Territoires.

Quant à l’histoire elle-même, on suit le jeune Jack, qui entame un périple à travers les États-Unis pour trouver le Talisman qui 

sauvera sa mère d’un cancer mortel. Mère et fils se sont enfuis sur la côte est pour échapper au harcèlement de Morgan Sloat, l’ancien associé du père de Jack. Grâce à Speedy Parker, un vieil homme qui l’aide à «traverser» dans les Territoires, le voyage s’effectue un peu plus rapidement que dans notre monde.

Les Territoires, c’est un univers parallèle, jumeau de la Terre, où l’air est plus pur, le ciel plus clair et profond, les odeurs et les goûts plus prononcés. Plusieurs personnes d’ici possèdent un «double» dans les Territoires. Généralement, lorsque l’un meurt, l’autre le suit de près. D’ailleurs, lorsque Jack traverse, il apprend que la reine n’est nulle autre que le double de sa mère, et qu’elle se meurt également d’un mal mystérieux. La quête de Jack acquiert donc une importance accrue, car en sauvant l’une, il sauvera également l’autre. Au fil de ses pérégrinations, il comprend aussi pourquoi une grave maladie l’a frappé quand il était enfant, et que son propre double est mort. Assassiné. Or, s’il traverse dans ce monde, le meurtrier de son double ne cherchera-t-il pas à le neutraliser à son tour ?

Sur sa route, Jack rencontre des amis, qui l’aident à avancer, et des ennemis aussi. Son but : l’Hôtel Noir, sur la côte ouest. Les obstacles sont nombreux : il doit s’évader d’une terrible taverne, puis d’un affreux centre de redressement. Ses amis le quittent, certains meurent. Et toujours, il doit éviter de se faire prendre par le redoutable Morgan d’Orris, dont le double est Morgan Sloat, l’ancien associé de son père.

Même si la fin est prévisible, le voyage pour s’y rendre en vaut plus que la peine. On se plonge avec plaisir dans l’univers de Straub et du King, et pour les adeptes assidus de ce dernier, plusieurs clins d’œil à ses autres livres sont disséminés tout au long de l’histoire. Par exemple, on ne peut s’empêcher de faire le parallèle entre Speedy Parker, le vieil homme qui aide Jack, et Dick Halloran, le cuisiner de l’hôtel Overlook (Shinning, l’enfant lumière). De même, Wolf, un ami de Jack, s’apparente au personnage de Tom Cullen (Le Fléau). Enfin, les personnes qui ont lu La Tour sombre se retrouveront résolument en terrain connu avec les voyages entre les univers, et ne pourront s’empêcher de se demander si Morgan Sloat n’est autre que Randall Flagg lui-même…

À propos de la chroniqueuse

Annie Larochelle est membre du comité de lecture de la revue.

Lire le numéro 62 de Brins d'éternité

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