Notre coup de coeur : Venefica de Raphaêlle B. Adam

Notre coup de coeur : Venefica de Raphaêlle B. Adam

Initialement publié dans Brins d'éternité no 61.

Cette recommandation est tirée de la rubrique Coups de cœur de Brins d'éternité, la revue consacrée aux littératures de l'imaginaire francophone. Nous republions ici ces critiques afin de faire découvrir les œuvres qui continuent de nourrir notre imaginaire.

Coup de cœur

Si comme moi vous aimez l’horreur teintée d’érotisme et la féminité meurtrière, ne manquez pas Venefica, par l’autrice et chroniqueuse littéraire Raphaëlle B. Adam. Dans ce roman d’urban fantasy, des femmes vénéneuses et carnivores chassent en compagnie de leurs «fleurs », des femmes transformées par une sève toxique qui leur permet d’appâter leurs proies. Catopsis est l’une de ces «toxines» ; dégoûtée par sa nature, elle tente de réprimer sa faim insatiable pour la chair humaine, mais, comme le veut l’expression, chassez le naturel…

Dans ce roman qui n’a rien à envier à la SFFF anglo-saxonne, les personnages féminins sont au premier plan : Catopsis est entourée de femmes complexes, incluant sa mère abusive et manipulatrice, sa fleur et amie Ixora, ainsi que des alliées inattendues, chacune ayant sa propre histoire et des motivations bien à elle. La transformation de Catopsis au fur et à mesure de ces différentes rencontres est fascinante, et Adam réussit à construire de main de maître un monde qui évolue avec sa protagoniste.

Venefica n’est donc pas seulement une histoire de chasseuses d’hommes cannibales. Présenté dans une plume adroite et assumée, ce roman cache plusieurs couches, tout comme les pétales d’une fleur. C’est fondamentalement un récit d’émancipation du cycle de la violence : alors que Catopsis découvre la vérité au sujet des toxines et remet en question les mensonges dans lesquels elle baigne depuis toujours, son univers change du tout au tout.

On peut donc y lire l’histoire bien réelle de celles et ceux qui s’échappent d’un foyer ou d’une relation toxique, ou encore d’un de ces cultes qui inculquent à leurs victimes une vision corrompue de la réalité. À juste titre, l’univers sombre et sanglant de Venefica laisse ainsi place au fil des pages à l’espoir et à la lumière.

À propos de la chroniqueuse

Madi Haab est une écrivaine et poète queer et neuroatypique de descendance marocaine de Tiohtià:ke/Montréal. Elle s’inspire de son héritage culturel mixte et de ses diverses identités pour explorer le liminaire et l’interstitiel. Ses nouvelles sont parues dans les revues Augur Magazine, Polymorphic, Baffling Magazine et plus, et en 2025, elle a remporté les prix Marina Nemat Award for Fantasy et QWF’s carte blanche Prize. Lorsqu’elle n’est pas en train d’écrire, elle s’essaie au chant et à l’art numérique, et passe un peu trop de temps à jouer aux jeux vidéo et à faire la sieste. Retrouvez-la au madihaab.com ou sur Bluesky @madihaab.com.

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